De la révolution, chap. IV.

MONKEY BUSINESS

mardi 20 mai 2008.
 
On trouvera ci-dessous le quatrième chapitre de mon livre De la révolution. 1989 : l’inventaire des rêves et des armes (Éditions Alain Moreau, 1988 ; épuisé).

Où l’on voit Konrad Lorenz faire la bête et des prix Nobel justifier l’eugénisme raciste. - Comment la nouvelle droite et les sociobiologistes ont favorisé la banalisation du nazisme. - Les nègres et les femelles d’abord ! - On veut embêter l’homme. - Sortons de notre réserve !

1.

La Revue de psychologie appliquée et d’étude du caractère publiait à Leipzig, en 1940, un article de quatre-vingts pages intitulé « Les troubles du comportement propres à l’espèce soumise à la domestication [1] ». L’auteur, médecin et zoologue, y livre ses observations sur le comportement animal, en particulier celui des oiseaux ; il en tire de précieux enseignements quant à l’organisation de la vie des hommes. La préservation de « la race » commande en effet « une élimination des êtres moralement inférieurs encore plus sévère ». « La sélection, écrit-il, doit être prise en charge par une institution humaine quelconque, si l’humanité ne veut pas périr de la dégénérescence qu’entraîne la domestication, en l’absence de facteurs sélectifs externes. L’idée raciale comme fondement de notre État est déjà un grand pas dans cette direction. »

L’auteur, c’est Konrad Lorenz. A ceux qui s’indignent que l’on attribue, en 1973, le prix Nobel à un ancien théoricien nazi, il répond : « Tout en comprenant pleinement les critiques, je dois déclarer nettement que mes arguments de l’époque ont été mal compris, et dans un certain sens très mal interprétés. [...] je regrette profondément avec le recul du temps d’avoir employé la terminologie de l’époque, qui est ensuite devenue un instrument pour des buts si horribles [2]. » La distraction des savants est proverbiale : il ne s’agit pas comme le prétend Lorenz d’un problème de « terminologie », mais d’idéologie, dont la sanglante application est contemporaine de son texte ; il l’a donc rédigé en connaissance de cause.

Ses divagations, dont on peut déplorer qu’elles aient été trop bien comprises à l’époque, valent d’être mises en lumière parce qu’elles montrent dans quelle situation historique concrète ont été réactivées d’anciennes doctrines pseudo scientifiques qui visent à abêtir l’homme.

Sa contribution au nazisme n’a guère valu à Lorenz que quelques remarques désagréables. Elles n’ont en rien entamé le crédit de sa méthode. Toute la sociobiologie anglo-saxonne se réfère abondamment à ses travaux et certains, nous le verrons, n’ont pas renoncé aux tâches qu’il assignait à l’État. L’idée de tirer de l’analyse des comportements animaux des indications permettant d’apprécier et de modifier les conduites humaines est devenue classique ; elle a fourni depuis le début des années 60, la matière d’une invraisemblable production de « vulgarisation scientifique ». Ces théories, réunies par commodité sous l’étiquette « sociobiologiste » - que les auteurs la revendiquent ou non - ont été à leur tour largement utilisées par la Nouvelle droite française, les néo-nazis et certains secteurs de la droite classique.

Le Konrad Lorenz d’après Nuremberg juge « malsaine, l’idéologie préconçue de la sociobiologie ». Décidément poursuivi par la guigne, le voilà à nouveau mal compris et mal interprété ! E. O. Wilson lui-même, créateur de la « nouvelle synthèse » sociobiologique, désavoue les néo-nazis et la Nouvelle droite. Qu’importent les intentions, les habiletés et les scrupules, il faut bien constater que l’expérimentation nazie n’a pas disqualifié le fond idéologique dont elle représente un moment de cristallisation, ni atteint jusqu’alors ni dépassé depuis. La référence au nazisme comme argument d’autorité est fort répandue, et non seulement dans quelques cercles de nostalgiques, qu’il serait aisé à la police de surveiller, si jamais elle en recevait la consigne. Elle se rencontre sous la forme de la franche déclaration ou du lapsus ; encore plus fréquemment sous celle de la dénégation, sur le mode du « Je ne suis pas raciste, mais... », préalable chez les gens bien élevés aux propos racistes.

En général, le démocrate pressent assez justement que le nazisme a été une espèce d’excès scandaleux de la démocratie. Il traiterait volontiers le nazi d’« exagéré », comme on faisait en 1793 des sans-culottes radicaux. Le nazi était un être vulgaire, sans éducation ; un voyou dont on a d’abord cru qu’il s’entendait aux affaires pour comprendre, un peu tard, qu’il les gâchait. Démêler ce qui court de la démocratie au nazisme révélerait des filiations que le démocrate préfère taire. Il s’en tient donc à une ferme et très impuissante réprobation de principe, sous le couvert protecteur de laquelle les idées supposées honnies de tous prolifèrent paisiblement.

2.

Nouvelle droite et sociobiologie sont d’accord sur l’essentiel. Yves Christen, « théoricien » de la Nouvelle droite, énumère ainsi les hypothèses formulées par Wilson « et généralement reprises par les autres sociobiologistes : la famille nucléaire est biologiquement enracinée ; l’homme domine naturellement la femme ; la soumission et l’endoctrinement sont dus à des prédispositions génétiques, de même que le chauvinisme, la malveillance et l’homosexualité ; les génocides ont pu jouer un certain rôle dans l’évolution humaine, etc. [3] ».

L’enracinement historique moderne de ces théories pose un délicat problème d’héritage à Christen, qui revendique celui de Darwin, mais récuse celui d’Hitler. « [...] À l’évidence, l’idéologie hitlérienne (quel que soit l’appui qu’elle prétendit trouver dans la science) ne se voulait pas avant tout une théorie scientifique. Elle se basait bien davantage sur des passions humaines. [...] L’antisémitisme hitlérien ne présentait bien entendu, aucun rapport avec l’eugénique. Cela [ces deux affirmations], tous les observateurs, ou presque, en conviennent [4]. » Ce « ou presque » signifie bien entendu que seuls les auteurs qui souhaitent réhabiliter l’eugénisme tentent d’en faire oublier l’application nazie.

Tout le monde ne peut être aussi franc que Macfarlane Burnet, prix Nobel de physiologie et de médecine 1960, sous la plume duquel se rencontre cette constatation pleine de nostalgie : « Les mesures racistes de Hitler sont encore frappées d’anathème [5]. » Dans l’attente de plus de tolérance, la Nouvelle droite s’oblige à des précautions de langage, vaines d’ailleurs, puisqu’elle s’y révèle telle qu’en elle-même. Ainsi peut-on lire dans La Politique du vivant publié par le Club de l’Horloge : « Mais le préjugé antiscientifique consistant à nier toute relation entre le biologique et le culturel a aussi un fondement d’ordre moral. C’est un fait que l’Allemagne nazie s’est livrée à une exploitation abusive de certaines données de la biologie [6].

Abusive !

Les nazis disposaient donc de données biologiques correctes concernant la juiverie internationale. Ils les ont gaspillées ; l’excès est fatal en toute chose ! Ayant ainsi dénoncé fermement l’abus de biologie, les auteurs [7] en proposent un usage que l’on doit supposer modéré : « Rappeler l’existence des races pourrait sembler inutile si certains auteurs ne paraissaient pas la nier [...]. » Une page encore, et un moyen de preuve décisif est avancé : « Il suffit aujourd’hui de prendre l’avion de Paris à Tokyo pour se convaincre que les races existent bel et bien... » On retrouvera cet argument, presque mot pour mot, dans la bouche du chef de file des racistes français.

En 1988, le Club de l’Horloge tend à substituer l’ethnie (la culture) à la race, dans son discours xénophobe. C’est paraît-il « l’antiracisme égalitaire » qui alimente le racisme en niant le droit à l’identité. « La différence resurgit [alors] sur le mode le plus réducteur et le plus matériel : la race, la couleur, la physionomie [8]. » Si les musulmans sont désormais invités à rentrer chez eux pour des motifs qui tiennent davantage à l’acquis qu’à l’inné, on voit que la « race » est toujours la chose la plus « matérielle » du monde.

3.

L’extermination systématique de certaines communautés entreprise par les nazis a, par son ampleur et l’usage publicitaire qui en a été fait depuis au service de la démocratie, obscurci les origines de l’idéologie qui la justifiait. Or, l’eugénisme pratiqué par le IIIe Reich s’est constitué et répandu durant les trois premières décennies du siècle, dans les sociétés démocratiques. Cousin de Darwin et fondateur de l’eugénisme moderne, Francis Galton déplorait « les réticences sentimentales en grande partie tout à fait déraisonnables à l’extinction progressive des races inférieures [9] ». On lui permit pourtant d’inaugurer en 1904, à l’âge de quatre-vingt-deux ans, une chaire d’eugénique à l’université de Londres. En France, Charles Richet, prix Nobel de médecine 1913, avouait dans La Sélection humaine ne pas comprendre « par quelle aberration on peut assimiler un Nègre à un Blanc [10] ».

Jean Rostand vantait en 1940 les « heureux effets pour l’espèce » qu’auraient certaines mesures d’eugénique négative, notamment « la stérilisation obligatoire pour les grands tarés ». L’eugénique « positive », c’est-à-dire la sélection et l’appariement des « bons » reproducteurs, représentait pour lui « un très grand espoir, peut-être le plus ambitieux de tous les espoirs humains [11] ». Certains événements historiques, largement connus en 1961 lorsqu’il préparait l’édition de poche de son livre, ne semblent pas avoir refroidi son enthousiasme ni justifié à ses yeux une mise en garde particulière.

4.

Le vulgarisateur le plus populaire de l’eugénisme est le Français Alexis Carrel (prix Nobel 1912 de médecine et de physiologie) qui publie en 1935 L’Homme, cet inconnu. Cet hymne à la gloire des « grandes races blanches », menacées de « dégénérescence » par les maladies mentales, et d’étouffement par la natalité galopante des « races inférieures », se vend à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Il est traduit en dix-neuf langues. Dans une préface à l’édition de 1939, Carrel rend hommage à « la jeunesse de l’Allemagne et celle de l’Italie [...] animées par la foi qui les pousse à se sacrifier pour un idéal ». Rien d’étonnant donc à ce que son livre offre un florilège de la quincaillerie néo-nazie qui fait les délices des sociobiologistes.

-  Scientisme : « Il faut donc abandonner les systèmes philosophiques, et mettre toute notre confiance dans les concepts scientifiques. »

-  Misogynie : « C’est l’ignorance de ces faits fondamentaux [le testicule est actif plus longtemps que l’ovaire] qui a conduit les promoteurs du féminisme à l’idée que les deux sexes peuvent avoir la même éducation, les mêmes occupations, les mêmes pouvoirs, les mêmes responsabilités. »

-  Éloge de l’agressivité : « L’attitude naturelle de l’être humain à l’égard du monde et de ses semblables est la lutte. [...] Elle a mené Pasteur à la rénovation de la médecine, Mussolini à la construction d’une grande nation, Einstein à la création d’un univers. »

-  Éloge de la hiérarchie : « L’être stupide, inintelligent, incapable d’attention, dispersé, n’a pas droit à une éducation supérieure. Il est absurde de lui donner le même pouvoir électoral qu’à l’individu complètement développé. Les sexes ne sont pas égaux. Il est très dangereux de méconnaître toutes ces inégalités. Le principe démocratique a contribué à l’affaiblissement de la civilisation en empêchant le développement de l’élite. »

-  Biologisme : « Ceux qui sont aujourd’hui des prolétaires doivent leur situation à des défauts héréditaires de leurs corps et de leur esprit. »

Carrel recommande un eugénisme « volontaire » : « Nous devons nous contenter de favoriser l’union des meilleurs éléments de la race », qui produirait à long terme « une aristocratie biologique héréditaire. Mais en attendant, écrit-il plus loin, nous devons nous occuper des criminels de façon effective [...]. Le conditionnement des criminels les moins dangereux par le fouet, ou par quelque autre moyen plus scientifique, suivi d’un court séjour à l’hôpital, suffirait probablement à assurer l’ordre. Quant aux autres, ceux qui ont tué, qui ont volé à main armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont dépouillé les pauvres, qui ont gravement trompé la confiance du public, un établissement euthanasique, pourvu de gaz appropriés, permettrait d’en disposer de façon humaine et économique. Le même traitement ne serait-il pas applicable aux fous qui ont commis des actes criminels ? ».

L’Homme, cet inconnu offre un double intérêt. Non seulement il indique parfaitement la continuité de l’idéologie biologiste-totalitaire du début du siècle à nos jours, en passant par la période nazie, mais encore il est actuellement diffusé en France [1989] dans une collection de poche populaire, et ce depuis 1979 - époque du « boom » éditorial de la sociobiologie. Consulté par lettre, en août 1986, l’éditeur de Carrel m’a aimablement offert l’édition la plus récente, mais il s’est abstenu de répondre aux questions que je lui posais sur la diffusion de l’ouvrage et les raisons pour lesquelles il lui avait semblé utile de donner une nouvelle vie à un pamphlet néo-nazi [12].

La présentation de l’ouvrage est assez caractéristique de la manière dont ces thèses sont popularisées. Le texte figurant sur la quatrième de couverture est extrait de l’introduction de Carrel. Il s’ouvre sur cette phrase : « Ce livre n’a pas d’autre prétention que de mettre à la portée de chacun un ensemble de données scientifiques se rapportant à l’être humain de notre époque. » La préface, d’un professeur Robert Soupault [13], est entièrement favorable à Carrel, dont il est dit qu’il « s’unit à une sorte de croisade partie des sphères les moins contestables de la pensée ». En ce qui concerne L’Homme, cet inconnu, le bon professeur avertit : « Nous nous garderons de tout commentaire, laissant le lecteur entièrement livré à sa propre analyse et à son propre jugement. » Le lecteur à qui l’on fait ainsi grâce de tout « commentaire » se trouve livré pieds et poings liés à un auteur dont on lui dit le plus grand bien. Pourquoi douterait-il d’avoir entre les mains le résumé de quelques « données scientifiques » ?

Les grands desseins de Carrel eurent un début de réalisation. Rentré des USA en 1941, il rencontra Pétain le 16 avril et lui proposa la création d’une Fondation française pour l’étude des problèmes humains qui vit le jour en décembre de la même année. Carrel en était le régent. « La Fondation, écrit-il, se présente comme la première institution scientifique spécialement dédiée à la construction des hommes civilisés. » L’écrivain de la Nouvelle droite Alain de Benoist, qui cite élogieusement Carrel dans son livre Vu de droite [14], conclut son évocation sur un regret : « Ce programme ne fut jamais appliqué, car l’époque est aux passions. » En effet, Carrel est suspendu, et la Fondation, « qui s’était pourtant tenue à l’écart de toute activité politique (A. de Benoist) », dissoute. L’Institut national d’études démographiques lui succédera.

Également intéressé à la réhabilitation de Carrel, l’un de ses collaborateurs, le docteur Jean-Jacques Gillon, a reçu l’hospitalité d’Yves Christen, l’auteur le plus prolixe de la Nouvelle droite, et - plus curieusement - du journal La Croix. Commentant le cinquantenaire de L’Homme, cet inconnu, Gillon y écrit : « À gauche, chaque réédition fut - et est encore - accompagnée de sarcasmes et d’altérations allant jusqu’à la citation tronquée, inversant complètement la pensée de l’auteur. A l’occasion d’une pratique de ce genre [sic], j’ai été conduit à confronter ligne à ligne les deux textes. J’ai découvert que, par plages, des altérations notables existaient du français par rapport à l’anglais [15]. » Dans le livre Alexis Carrel. L’ouverture de l’homme, dirigé et présenté par Christen, Gillon tente de persuader le lecteur que le malheureux Carrel a été trahi. Se fondant sur une phrase parfaitement anodine, que Carrel aurait modifiée d’une édition à l’autre, il confie : « J’eus alors l’impression que c’était pour lui une façon discrète de désavouer l’ensemble du texte. [...] Tous les auteurs ayant fait référence au texte français après le passage du nazisme, ont fait fausse route, qu’ils soient pour ou qu’ils soient contre. En le lisant, il ne faut pas oublier que le substantif race est devenu empoisonné depuis le nazisme [16]. » Par malheur pour le prestidigitateur Gillon, c’est dans le même texte de préface où il veut deviner un désaveu discret (et pourquoi diable aurait-il dû être discret ?) de l’ensemble du livre, que Carrel s’obstine, en plein « passage » du nazisme, à stigmatiser l’affaiblissement des « grandes races blanches » : « La France se dépeuple déjà. L’Angleterre et la Scandinavie se dépeupleront bientôt. [...] Au contraire, les races africaines et asiatiques, telles que les Arabes, les Hindous, les Russes, s’accroissent avec une grande rapidité. La civilisation occidentale [...] s’achemine vers la dégénérescence grâce à la stérilité des groupes humains les plus forts et les plus intelligents [17]. » C’est sans doute ce que l’ineffable Gillon appelle « s’intéresser aux aspects biologiques de la politique, comme il était de mode aux États-Unis dans les années 30 [sic] » !

Toujours en veine d’humour naïf, le Gillon déplore que trop de successeurs de Carrel renient son apport : « La prudence a incité la plupart à ne pas révéler, jusqu’ici, que leur aptitude à traiter les problèmes qui se sont posés après la Libération était attribuable au complément de formation reçu grâce à Alexis Carrel. Dans tout cela, la publication de L’Homme, cet inconnu ne représente que la partie visible d’un iceberg (dans La Croix). » Je contesterai d’autant moins Gillon sur ce point, que ce qui suit contribue à éclairer les profondeurs de l’iceberg dont il parle, et dont la dérive n’a pas cessé depuis le « passage » du nazisme.

Yves Christen ne s’est pas contenté, pour célébrer en 1986 le cinquantenaire de L’Homme, cet inconnu, de donner la parole aux nostalgiques du Carrelisme dénazifié ou camouflé, il s’est fixé pour tâche d’écrire une suite, en « hommage au chercheur visionnaire ». L’homme bioculturel [18] s’ouvre « délibérément » sur les dernières lignes du livre de Carrel. Le fait que Christen ait jugé utile et sans danger de revendiquer ouvertement sa filiation avec un auteur nazi et de présenter son propre travail comme le prolongement d’un pamphlet raciste montre, s’il en était besoin, à quelle source très ancienne s’abreuvent les idéologues de la Nouvelle droite. Christen n’aura pas un mot pour condamner le franc racisme de Carrel. Certes, lui-même se déclare très « sceptique » à l’égard de la notion de race, mais c’est pour mieux présenter les races comme une réalité de fait, située d’autant plus hors d’atteinte des idéologies égalitaristes » qu’elle est créée par... l’idéologie.

Je demande ici toute l’attention du lecteur. Selon Christen, il est impossible de nier tout à fait l’existence de races puisqu’il existe sans conteste... des racistes. « Et c’est en définitive ce qui importe le plus. En outre, si, même à tort éventuellement, les individus ont naturellement [sic] tendance à établir des classifications raciales et à guider leur comportement en fonction de cette distinction, il en résultera nécessairement une ségrégation génétique et par là même la formation de races humaines (p. 85). » Autrement dit : admettons que la notion de « race noire » n’ait pas de sens en biologie ; si les personnes blanches de peau s’abstiennent, « éventuellement » par préjugé, de procréer avec des personnes noires de peau, nous aurons bien, d’un côté des « blancs » et de l’autre des « noirs ». Autrement dit : rien. Mais de ce rien, Christen tire la conclusion que « la réalité sociologique sécrète obligatoirement la différence biologique ». Autrement dit encore : « [...] Si la classification raciale ne justifie pas nécessairement le racisme, le racisme lui, justifie à coup sûr la classification raciale puisqu’il est une preuve de la reconnaissance possible des différences. » Il me semble qu’un exemple aiderait à mieux comprendre tout l’intérêt historique de cette théorie. Donc : si le fait de considérer « les juifs » comme constituant une race ne justifie pas nécessairement l’antisémitisme, l’antisémitisme, lui, justifie à coup sûr le fait de considérer « les juifs » comme une race puisqu’il est une preuve de ce qu’il est possible de les considérer comme une race. Encore un effort : si l’antisémitisme ne justifie pas nécessairement l’antisémitisme, l’antisémitisme lui, justifie à coup sûr l’antisémitisme, puisqu’il prouve que l’antisémitisme est possible. Si Christen écrivait une suite à De l’autre côté du miroir, Humpty Dumpty serait promu Obersturmführer d’un camp de concentration ; il justifierait l’existence de la « race juive » en exterminant ses représentants supposés.

5.

Les sociobiologistes souhaitent d’abord conserver en l’état un monde où les femelles se soumettent aux mâles, les noirs aux blancs et tous les hommes à l’économie. Leurs vulgarisateurs de la Nouvelle droite espèrent en outre changer l’homme, c’est-à-dire s’en débarrasser sous sa forme actuelle, si déroutante, et en « reconstruire » un autre (Carrel). Il paraît d’ailleurs contradictoire qu’un homme si heureusement déterminé par ses gènes au salariat et à la monogamie, donc au monde idéal que nous connaissons, doive encore être modifié génétiquement, c’est-à-dire dans ce par quoi il a su bâtir un univers qui lui convient si bien. On pourrait même s’étonner que des centaines de millions de femmes et d’hommes aient employé toute leur énergie, souvent au risque de leur vie, à bouleverser le monde qu’ils étaient faits pour aimer.

La Nouvelle droite veut bien se faire le représentant de commerce de la sociobiologie, mais c’est faute de mieux. Au cas où trop d’hommes s’obstineraient à s’écarter des institutions reflétant leur vraie nature, ne serait-il pas plus aisé de changer la nature ? La sagesse totalitaire sait bien qu’il est plus simple de changer le peuple plutôt que le parti.

La tâche la plus urgente reste d’exterminer l’idée de l’homme maître de son histoire et de démontrer l’impossibilité génétique d’une révolution. C’est donc à la « science » que l’on fera appel. Les thèses les plus délirantes seront exposées soit comme faits avérés soit comme hypothèses audacieuses, assorties du plus grand nombre possible de références à des travaux anglo-saxons, supposés scientifiques. L’idéal étant de remonter, par un système de citations-gigognes, à l’un des nombreux prix Nobel sectateurs de l’eugénisme ou de la sociobiologie. On utilise alors le prestige d’une distinction qui récompense des découvertes techniques précises et datées, pour légitimer l’ensemble des élucubrations d’un auteur. Le système d’explication retenu par Christen pour justifier le racisme peut tout justifier ; il suffit d’aligner dix auteurs qui croient à l’infériorité intellectuelle de la femme pour que cette notion soit « justifiée ». C’est une version à peine améliorée du « il n’y a pas de fumée sans feu ». Au nom de ce faux bon sens, Christen et consorts se jugent dispensés d’argumenter ou même d’exposer franchement leur point de vue. Quand ce n’est pas par un usage « abusif » de l’euphémisme, c’est par omission pure et simple qu’ils s’expriment le mieux.

Christen porte une grande admiration à Dawkins. Selon ce sociobiologiste, un singe - par exemple - est « une machine qui préserve les gènes dans les arbres (A p. 46 [19]) ». Les êtres vivants sont donc des machines, vieille tarte à la crème que nous verrons resurgir aussi chez les branchés de l’inintelligence artificielle. Mais ce qui est vrai du singe ou du poisson doit l’être aussi de l’homme. En effet, Dawkins écrit dans le même texte : « Nous sommes des machines à survie, des véhicules-robots aveuglément programmés pour préserver les molécules égoïstes connues sous le nom de gènes [20].

Christen nous épargne la citation, jugée peut-être trop brutale. « Cette théorie, ajoute-t-il ailleurs, dont on a raillé le côté schématique et anecdotique, est d’une très grande cohérence. Elle explique des comportements étranges et jusque-là mal compris (B p. 24). » Suit une liste de pas moins de quarante-huit références à l’appui ; ouvrages de théoriciens ou de vulgarisateurs, y compris ceux de Dawkins lui-même et de Christen !

L’hypothèse du gène égoïste est riche d’applications, comme Christen nous l’explique : « Alexander, par exemple, aurait avancé une interprétation sociobiologique du viol. Selon cette hypothèse, l’homme, bien entendu, chercherait à accroître son succès reproductif en employant la violence ; quant à la femme, elle résisterait pour éprouver la vigueur de son partenaire ; finalement elle céderait après s’être aperçue que le violeur possède la vigueur nécessaire pour lui faire un enfant suffisamment résistant. On conçoit que dans le climat actuel [1979] une telle supposition, même exposée avec prudence, ne pouvait guère soulever que des tempêtes de protestations (A p. 157). » Et d’ajouter en note : « Le viol constitue, bien entendu, un domaine d’étude particulièrement intéressant pour les sociobiologistes qui y voient une confirmation du désir des individus d’optimalisations de leur succès reproductif. » Christen fait encore allusion à la description par David Barash du comportement du canard dont la femelle est « violée » ; « dans bien des cas », il s’empresse de copuler avec elle. S’agirait-il d’un désir du « mari » légitime de mettre ses spermatozoïdes en compétition avec ceux du « violeur » ? « Bien que tentante, commente Christen, cette hypothèse est fortement débattue. »

Un quelconque idéologue entreprend de rajeunir les plus vieilles justifications machistes des violences exercées par des hommes contre les femmes : Christen nous laisse entendre que pareille supposition eût pu recevoir meilleur accueil dans un climat différent. Je n’en doute pas et retiens que c’est le seul commentaire que Christen juge bon de faire, laissant voir par là où va sa sympathie, « même exposée avec prudence ».

6.

Au temps qu’ils détenaient le monopole de production de la morale, les gens d’Église exhortaient l’homme à ne pas insulter son créateur en cédant à l’animalité. Post-darwiniens, les sociobiologistes font de la morale agnostique, pseudo scientifique et sans appel : l’homme est entièrement agi par son animalité, sans rédemption possible sur la terre ou au ciel.

Regarde ton Dieu, disait le prêtre, vois sa puissance ; et tu voudrais, misérable, mener ton destin sans lui faire ta soumission ? C’est un miroir que le sociobiologiste nous tend ; passe-t-on de l’autre côté, c’est pour y trouver une oie monogame, un babouin respectueux de ses chefs : notre image.

L’épisode du « viol » chez les canards, c’est Donald Duck revu par Lombroso ! À la question de savoir ce qui caractérise les anarchistes et les délinquants, l’inventeur de l’anthropologie criminelle répond que ces hommes-là sont demeurés des bêtes. Pour la pertinence du schéma, il lui faut d’abord décrire le comportement des animaux à l’aide du vocabulaire servant à dépeindre les sentiments et les actes des hommes. Dans l’optique qu’il a choisie, il utilise de préférence des notions et des expressions tirées du Code pénal. Sa méthode a toujours cours. Ainsi, l’observation de certains oiseaux-mouches, dont il assure qu’ils laissent accéder les femelles à tel territoire riche en fleurs « si » elles acceptent la copulation, permet à Barash de parler de « prostitution ». Le sophisme utilisé pour établir le caractère naturel d’une institution (la famille) ou d’un comportement (échanger un coït contre de l’argent) se décompose comme suit : a) Un animal se prostitue ; b) L’homme est par nature un animal ; c) La prostitution est naturelle. Pour que la conclusion (c) se déduise logiquement des deux prémisses, il faudrait que la majeure (a) soit établie. Or, elle n’a aucune espèce de sens. Elle indique seulement que celui qui l’utilise de manière insidieuse tient pour acquis que l’on peut prêter aux animaux une perception identique à la nôtre des rapports d’un « individu » avec d’autres et qu’il ne tient pas à soumettre ce préjugé à la discussion.

Les analogies comportementales, réelles ou prétendues, entre l’animal et l’homme, ne peuvent être présentées de manière tant soit peu crédible que sous ce maquillage sémantique. Il reste à démontrer que les conduites humaines sont génétiquement programmées, ce qui nous vaut sous la plume de Wilson [21] une superbe tautologie. A) Les analogies de comportement social entre l’homme et le chimpanzé « sont fondées, en partie au moins, sur la possession de gènes identiques (p. 67) ». B) Ces analogies « sont en accord avec l’hypothèse suivant laquelle le comportement social humain repose sur des bases génétiques (p. 68) ». La proposition A suppose déjà établi le déterminisme génétique du comportement chez l’animal et chez l’homme. Autrement dit, elle énonce déjà la conclusion que Wilson feint de déduire par la suite. S’étant acquitté de sa démonstration scientifique avec la rigueur que l’on voit, le sociobiologiste peut rêver à son aise : « On pourrait être en mesure d’imiter génétiquement la famille nucléaire presque parfaite du gibbon à mains blanches ou les harmonieuses communautés d’abeilles (p. 294). »

Les ennemis du peuple veulent l’embêter, disait Hébert en 1794. Le mot est resté, le projet aussi.

7.

Un généticien nous apprenait dans Le Monde [22] que : « Les chimères homme-rat réalisées en laboratoire ne sont pas viables. » Un anthropologue italien affirmait de son côté, en 1987, que des chercheurs américains ont tenté d’inséminer une femelle de chimpanzé avec du sperme d’homme [23]. Gageons que certains chercheurs ne s’en tiendront pas aux chèvres-brebis et aux poulets-cailles, couramment obtenus depuis 1983, et iront plus avant dans la production de chimères interspécifiques.

Les chimères théoriques, elles, ont la vie dure et plus d’un chercheur croyant les combattre leur a cédé le terrain. Contre un Darwin mal utilisé et surtout contre les darwinistes comme Huxley, contre Hobbes aussi, Kropotkine a démontré de manière convaincante que l’entraide se rencontre chez les animaux, chez les peuples dits « primitifs » et dans notre histoire même, au Moyen Age en particulier. « Aussi Darwin avait-il pleinement raison lorsqu’il affirmait que l’instinct de "sympathie mutuelle" se manifeste chez les animaux sociaux de manière plus ininterrompue que l’instinct purement égoïste de conservation personnelle [24] ». Mais lorsqu’il décrit le lièvre, « passionné et éminemment individualiste », et « cette créature placide, tranquille et soumise qu’est le lapin », dont les tempéraments sont « trop profondément différents pour n’être pas un obstacle à leur amitié [25] », il use d’un langage anthropomorphiste qui fait merveille dans les contes pour enfants, mais ne doit pas se rencontrer sous la plume du chercheur.

En prêtant aux bisons des sentiments pareils aux siens, l’Indien de l’Ouest américain ne perdait rien de son humanité ; il la fondait dans la nature, où l’animal et la rivière et l’homme sont également dignes de respect. Le chef Seattle répondait en 1854 au gouvernement américain :

« Nous considérerons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidons de l’accepter, j’y mettrai une condition : l’homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

« Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autre façon de vivre. J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.

Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent [26]. »

L’homme rouge a subi le sort des bisons et tous les hommes le sort des Indiens. Parqués dans leurs réserves, ils admirent les documentaires télévisés où l’animal n’ouvre plus la gueule que pour chanter la domestication, destin naturel de l’humanité.

8.

Sociobiologie et Nouvelle droite ont favorisé la banalisation de thèmes racistes et anti-égalitaires. Qu’un Giscard d’Estaing [27] plagie dans ses discours les revues néo-nazies n’a rien que de très naturel. Il y a des rencontres plus fâcheuses. Libération, toujours prêt à dessiner des habits neufs au vieux monde, publiait en juillet 1979 une série de deux articles intitulée « Contre, tout contre la "nouvelle droite" ». De ses théoriciens, Guy Hocquenghem notait qu’ils « suivent de près l’évolution de la biologie contemporaine » ; nous avons vu de quelle manière et dans quel but. Murray Bookchin signale le bon accueil fait à la sociobiologie par les militants d’une Fédération anarcho-communiste d’Amérique du Nord [28]. On consignera, pour le plaisir, les passionnantes supputations d’une « sociobiologiste féministe », Sarah Blaffer Hrdy, sur l’orgasme chez les singes femelles, preuve patente d’une sexualité « entreprenante », que les femmes devraient bien remettre à l’honneur [29].

Tandis que le Club de l’Horloge demeure un laboratoire idéologique où peuvent s’affiner les convergences de « valeurs » entre les néo-nazis du Front national et la droite traditionnelle [30], le Groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne (GRECE) a tenté une synthèse qui l’amène plus près du fascisme révolutionnaire. Un universitaire déclarait au colloque de cette organisation, en novembre 1984, se sentir plus proche des Brigades rouges et de Che Guevara que des politiciens libéraux [31]. À la même époque, Alain de Benoist, celui-là même qui avait si fort impressionné le journaliste de Libération, annonce que « Dans l’espace libéralo-libertaire, une certaine droite et une certaine gauche s’apprêtent à confluer [32] ». Pronostic moins triomphaliste qu’il n’y paraît, puisque le numéro d’Éléments (organe du GRECE), célébrant en 1986 les dix-huit ans de la Nouvelle droite, affichait des contributions de Claude Julien, Jean-François Kahn, Jean-Marie Domenach, André Bercoff et Pierre-André Taguieff, ce dernier s’étant fait auparavant une spécialité de dénoncer la Nouvelle droite. Ces démocrates venaient ainsi, en l’aggravant, cautionner la confusion intellectuelle à laquelle travaille la Nouvelle droite, et qui constitue au fond l’objectif commun à tous ces gens.

[1] Zeitschrift für angewandte Psychologie und Charakterkunde, vol. 59, p. 71.

[2] Le Monde, 11 décembre 1973. Lorenz ajoute : « Un certain nombre d’autres savants autrichiens, dont la réputation est élevée, ont, comme moi, cru un bref moment que du bon pourrait sortir du national-socialisme, mais, rapidement, avec le même effroi que moi, ils lui ont tourné le dos. »

[3] L’Heure de la sociobiologie, Éd. Albin Michel, 1979, p. 154.

[4] Le grand affrontement. Marx et Darwin, Éd. Albin Miche !, 1981.

[5] Cité par Thuillier dans Darwin et Cie, Éd. Complexe, Bruxelles, 1981. Burnet est publié en France chez Albin MicheL, dans une collection dirigée par Christen.

[6] Éd. Albin Michel, 1979, p. 148.

[7] Dont Yvan Blot, passé depuis au RPR de Jacques Chirac.

[8] Libération, 25 janvier 1988.

[9] Nous ne sommes pas programmés, Richard C. Lewontin, Steven Rose, Léon J. Kamin, Éd. La Découverte, 1985, p. 51.

[10] Cité par Pierre Thuillier dans « La tentation de l’eugénisme », La Recherche, n° 155, mai 1984, vol. 15, p. 738.

[11] L’Homme, Éd. Gallimard, col. Idées, 1962, pp. 143-144, e.o. 1940. C’est Le Haras humain de Binet-Sanglé qui représentait le mieux pour Rostand les excès de l’eugénisme théorique. Nous avons décrit dans Suicide, mode d’emploi [et plus complètement dans Le Droit à la mort, 2004] l’utopie de ce médecin militaire proche du mouvement néomalthusien, et montré que la tentation eugéniste s’incarnait aussi bien chez un anarchiste comme Paul Robin.

[12] Éd. Presses Pocket, 1979. On trouvera les citations reproduites dans ce florilège aux pages : 46, 144, 290, 346, 373, 379, 380 et 398.

[13] Sur les activités de ce personnage dans la collaboration, voir « Les sources du "garantisme" » in Économie de la misère, note 12, p. 59.

[14] Vu de droite. Anthologie critique des idées contemporaines, Éd. Copernic, 1977, pp. 287-288.

[15] 18 septembre 1985, p. 13.

[16] Éd. du Félin, 1986, P. 130. Le professeur Pierre Lépine tente (p. 12) la même manipulation : « Coïncidant avec la montée dans le monde du nazisme, certaines phrases, exprimant comme cela était habituel chez Carrel des opinions tranchées, mais insidieusement détachées de leur contexte semblaient justifier, au nom de thèmes biologiques, la mystique raciale, alors que cette attitude était à l’opposé de la pensée de Carrel. »

[17] L’Homme... pp. 41-42. Les magistrats de la cour d’appel d’Aix-en-Provence qui commentaient un tract raciste ont-ils lu Carrel : « Le tract reste, dans l’ensemble, mesuré puisqu’il dénonce "l’envahissement excessif des populations étrangères et immigrées, particulièrement nord-africaines, à haut taux de natalité, qui nous submergent", "l’immigration massive de races dont l’assimilation est pratiquement impossible, tels les musulmans", que donc seul l’excès des taux des étrangers au sein de la population française est critiqué [...] ». Décision du 25 juin 1985, citée dans Le Monde, 1er septembre 1987.

[18] Éd. du Rocher, Monaco, 1986.

[19] Je désignerai dans la suite les deux ouvrages suivants de Christen par les lettres A et B : L’Heure de la sociobiologie, 1979 (A), et L’Homme bioculturel, 1986 (B).

[20] Cité par Thuillier dans Les Biologistes vont-ils prendre le pouvoir ?, Éd. Complexe, Bruxelles, 1981.

[21] L’Humaine nature, Éd. Stock, 1979, e.o. 1978.

[22] 16-17 février 1986.

[23] Le Matin, 25 mai 1987.

[24] L’Éthique, Éd. Stock, 1979, P. 29, rédigé en 1919. On retrouve ces thèses chez un paléoanthropologue contemporain, Richard Leakey. Voir Les Origines de l’homme, Éd. Flammarion, col. Champs, 1985.

[25] L’Entr’aide, un facteur de l’évolution, Éd. de L’En Dehors, 1979, p. 49, e.o. 1897.

[26] Texte édité sous forme d’affiche par l’organisation Greenpeace. Voir également le roman de Jacques Serguine, Je suis de la nation du loup, Éd. Balland, 1985.

[27] Politicien français, notamment président de la République de 1974 à 1981.

[28] Sociobiologie ou écologie sociale, IRL-Atelier de création libertaire, Lyon, 1983.

[29] Des Guenons et des femmes, Éd. Tierce, 1984, e. o. 1981.

[30] Le XIVe colloque du Club, en janvier 1988, marque l’accord de députés RPR et FN sur des revendications qui appartenaient à la seule extrême droite, notamment l’abrogation des textes pénaux réprimant le racisme. Voir « "L’antiracisme" identitaire du Club de l’Horloge », dans Celsius, n° 5, février 1988.

[31] Le Monde, 17 novembre 1984.

[32] Le Matin, 12 novembre 1984.